Pour les Adjas, les fons et selon la conception africaine du métaphysique, il existe trois mondes: le macrocosmos (ou macrocosme) propre à Dieu et aux ancêtres, le mésocosmos (ou mésocosme, monde des esprits) puis le microcosmos (ou microcosme, le monde des humains). Ce dernier comprend aussi les végétaux, les minéraux et les animaux doués d’un esprit vital.
Au Bénin, la religion dominante est l’animisme. Le commun des béninois reconnaît l’existence d’un être suprême Dieu.
Dieu, a plusieurs appellations. Il est appelé Mahou, chez les Fons et Adjas. Les Dendis l’appellent Irikpe, les baribas l’appellent Goussounon et les Yoroubas l’appellent Olohoun.
Pour les communautés Fons et Adjas Dieu ou Mahou est l’être suprême au dessus de tout. Il est le créateur et conservateur de l’univers visible et invisible (Gbêdoto). Ce Dieu est tellement élevé qu’on prononce rarement son vrai nom DADA SEGBO.
Lui seul a le pouvoir de vie "Gbê". Il donne la vie aux hommes et les envoie sur terre livré à eux-mêmes. Ils doivent affronter et résoudre les problèmes matériels, spirituels qui se posent à eux.
Dieu ou Mahou n’a besoin de rien, surtout pas des hommes. Il manifeste sa permanence par une sorte de délégation de pouvoir à ses fils et filles à travers : les dieux, les génies (Aziza ou Yê) et divinités secondaires appelés Vodoun.
Mahou l’être infini, immense et immuable a donc créé et donné le vodoun aux hommes pour leur servir d’intermédiaire entre eux et lui. Le vaudoun se révèle être alors un des plus cadeaux que Dieu « Mahou » ais donné à l’espèce humaine. Le vaudoun est donc un cordon ombilical éternel entre Dieu et ses fils les hommes.
Le vaudoun serait donc un dont de Dieu, l’émanation du Dieu créateur. La preuve indéniable de l’amour de Mahou pour Gbêto, l’homme son fils. C’est donc au Vaudoun que les hommes doivent se confier, adresser leurs prières et leurs offrandes.
Qu’ils soient sur terre, dans les airs, dans les eaux ou dans les cieux les vaudouns se présentent et se représentent soit par:
- l’incarnation de certains animaux, soit par des personnifications de phénomènes ou calamités naturelles, soit par des génies protecteurs, des esprits maléfiques, ou soit par l’esprit des ancêtres et défunts de la famille. Les cultes voués au mort font en effet parti intégrante de l’univers du vodoun.
Les béninois considèrent et conçoivent donc la vie "Gbê"comme, un champs de bataille, magnétique et physique, une jungle sauvage, une foret vierge de force vitale et maléfique au cœur duquel "Mahou", Dieu aurait plongé "Gbêto" son fils. L’homme doit donc lutter contre ces forces. Et pour ce, il a besoin d’être initié.
Soucieux et préoccupé par la survie et les problèmes auxquelles étaient confrontés l’homme, Dieu lui a donné à travers le Vodoun, la délégation de certains de ses pouvoirs, pour le solliciter, pour capter, dompter, exploiter, diriger, maîtriser, et neutraliser toutes les forces de la nature et ce avec les éléments composants la nature elle-même à savoir: l’eau, la végétation, l’air, la faune, la terre et le feu.
L’homme étant un être de passage entre la vie et la mort, un passant sur cette terre, dans ce micro monde, pour donner un sens à sa vie il va se tourner vers le macrocosmos et le mésocosmos.
Malgré la grande expansion des religions exogènes importées dans le pays, le vodoun occupe toujours une place très importante dans la vie religieuse du pays, au point même que les adeptes d’autres religions (chrétiens et musulmans) participent chaque année aux grandes fêtes traditionnelles officielles vaudoun qui se déroulent en Janvier de chaque année.
Le culte du Vodoun est si envahissant qu’il n’inspire pas celui qu’on rend à Dieu, ou Mahou. Même si, l’homme (les adjas et fons) ont constamment sur les lèvres, le nom de Dieu (Mahou), il s’attache davantage à arranger les relations avec le vodoun, qui est l'interlocuteur immédiat de l’homme auprès des dieux. Ainsi donc l'homme qui est en perpétuel quête de santé, de fécondité, de prospérité et de paix doit obligatoirement faire recours au vodoun.
Tout ceci, justifie le syncrétisme religieux des Béninois. Bien qu’étant chrétiens ou musulmans ils peuvent effectivement pratiquer avec tact et habileté, le culte vaudoun.
Christian Dedet dans son livre Au royaume d’Abomey, relate ses propos d’un béninois qui cachait sous son lit nombre de fétiches et gris-gris:<<Quand je vais a la messe, c’est pour pouvoir gagner le ciel; ce que j’ai sous le lit, c’est pour me protéger sur cette terre. >>
En effet au Bénin, le syncrétisme religieux est un phénomène fortement encré dans les mentalités. On peut bien sortir de la mosquée ou de la messe du Dimanche matin et se rendre chez son féticheur <<bokonon>> pour renforcer et accompagner les prières de l’église ou de la mosquée.
Les dieux Vodoun forment un panthéon riche de plusieurs divinités, très organisé et hiérarchisé. Chaque vodoun a ses symboles qui lui sont propre et spécifique. Ce n’est pas le symbole que les adeptes ou vodounssi vénèrent, mais l’esprit qui incarne ce dernier.
*Les vodounssis: Ce sont les adeptes (hommes et femmes) du vodoun. Ce sont des hommes et des femmes qui se consacrent entièrement au dieu vodoun. Ils ont le privilège d’être possédé par le dieu.
*Le Bokonon: c'est le prêtre vodoun. Le charlatan et le guérisseur tout à la fois. Il est investit de certains pourvoir mytiques dont lui seul détient les secrets.
*Mahou: représente Dieu, l'être suprême, le Dieu des dieux.
Quelques divinités populaires du Bénin :
Mamy-water: La déesse des eauxEncore appelée Yémandja au Brésil, la déesse des eaux est représentée par une belle sirène aux longs cheveux. Elle est aussi parfois représentée par un monstre tantôt bicéphale ou tricéphale. Mère de toutes les richesses maritimes, elle offre sa protection et donne fortune, bonheur et prospérité à tous ceux qui ont la foie et le courage d’aller à sa rencontre au bord des plages au milieu de la nuit. En échange on fait des offrandes à la divinité et on lui donne des parfums et poudre.
Mamy-water est une déesse très crainte et vénérée. On lui attribut entre autre les morts par noyade et le triste sort des personnes miséreuses et pauvres qui lui aurait promis de respecter ses recommandations et interdits et qui ne les aurait pas fait.
Gou: dieu du ferIl est symbolisé par des morceaux fer ou un tas de ferraille. Protecteur des nouveaux circoncis, Gou est le dieu de tout ceux, qui sont au contact quotidien du fer. Il s’agit des forgerons, des chasseurs, guerriers, bouchers, chauffeur d’automobile, et des mécaniciens… Gou est un vaudoun très craint au Bénin. Un serment fait en portant un objet en fer sur la langue, évocation du dieu Gou, est digne de foi, il équivaut a ce que ferait le musulman en jurant sur le coran. On la rencontre aux devantures des maisons, dans les forges.
Sa colère provoque des accidents mortels et sanglants. Pour bénéficier de la protection du dieu Gou, on lui sacrifie souvent un coq au plumage de préférence rouge vif pour évoquer son goût du sang.

Sakpata: dieu de la terre
Il est le dieu le plus craint au Bénin. Le symbole de Sakpata est "la jarre trouée" qui rappellent les taches indélébiles laissées par la variole sur le corps des victimes.
Shango ou Hêviosso: dieu du tonnerre
Dieu du tonnerre et de la foudre Shango ou Heviosso est un dieu justicier. Divinité très populaire au Bénin il châtie par foudroiement les voleurs, et les malfaiteurs. L’emblème du dieu Shango ou Sakpata est la double hache stylisée. Un emblème qui rappelle fortement la hache bipenne de Zeus, dieu du tonnerre, dans la mythologie grecque, a remarqué Pierre Verger. 


Adeptes de Sakpata
- Le catholicisme, et le protestantisme environs 30%
- L'islam: 20%
- Anémisme: 60%
La religion tient une grande place dans la vie des populations Béninoises. Elle renforce l’intégration, l’intégrité et le statut d’un individu dans sa communauté. Il existe au Bénin plus d’une quarantaine de divinités. Ceux cités ci-dessus ne sont que quelques uns.











