Histoire du Bénin
Origine et histoire du royaume du Danxome :

Origine et histoire du royaume du Danxome :
L’histoire précoloniale du Danxome, (actuel Bénin) débute à l’époque ou de puissants royaumes et clans se partageaient les territoires du Sud au Nord. Au temps où de puissants rois et princes régnaient à Nikki, Kouandé, Kandi, Abomey, Ouidah, et Poto-novo.
L’origine du royaume du Danxome remonte au XVI e siècle avec l’arrivée de populations venus de Tado, village situé sur les rives du fleuve Mono à l’est de l’actuel Togo, venus s’installer à Allada. Tous seraient descendants de la princesse Aligbonon fille du roi de Tado. La légende raconte qu’une fois la princesse, allant chercher de l’eau au marigot avec ses compagnes virent surgir une panthère. Apeurés toutes les compagnes s’enfuient laissant toute seule la princesse. La bête ne lui fit aucun mal.
Le temps passe et dans la cours royale, de nombreuses rumeurs étranges courent et circulent. Quelques mois plus tard, le ventre de la princesse Aligbonon se mit à pousser et elle donna naissance à un garçon qu’elle appela Agassou. Elevé à la cour du roi de Tado, Agassou devint très vite, un homme grand, endurant, fort, velu de poil roux, aux ongles longs. L’histoire, retint que ce furent ses descendants, auteurs de querelles et de zizanie dans le royaume de Tado, qui exilés, s’enfuient et vinrent s’installer à Allada fonder, le nouveau royaume d’Allada.
Le royaume grandit et prit de l’importance, puis un peu plus tard une querelle éclata de nouveau entre les princes du royaume qui se disputaient à nouveau la succession du trône ; Ils se dispersèrent donc chacun vers Porto-novo, Ouidah et Abomey pour fonder chacun leur royaume. Plusieurs royautés se développèrent donc ainsi. Voulant chacune conquérir de nouvelles terres et étendre aux voisins leur hégémonie, les quatre royaumes frères (Ouidah, Allada, Porto-novo et Danxome) bien qu’ayant de nombreuses origines communes : l’ancêtre commun la princesse Aligbonon, le fon comme ensemble linguistique et le Vaudoun comme religion commune, les quatre royaumes frères devinrent très tôt rivaux. Le royaume le plus puissant, le plus craint et le plus actif fût très tôt celui du Danxome dont la capitale était Abomey.
Le premier roi du Danxome fut Houégbadja. Arrivé dans les régions d’Abomey, pour fonder son royaume l’ingénieux roi, usa de ruses et conseilla à son fils Houessou d’aller demander une terre à Dan, le chef de la tribu autochtone. S’il refuse et viole la loi de l’hospitalité, ce serrait un motif valable pour lui déclarer la guerre. Mécontent Dan accepte malgré lui, et lui cède une part de ses terres. Peu de temps après Houégbadja remplit sciemment sa maison d’amis et de proches. Il n’y a donc plus de place pour tout le monde. Houessou retourne donc voir Dan, pour cette fois lui exiger d’autres terres. Furieux, Dan lui demande par moquerie s’il veut construire dans son ventre. Houessou se fâche et pour nettoyer l’affront, tue Dan et en effet enfonce dans son ventre le premier pieu devant supporter sa case. Cette maison devient << Dan Homé ou Danxome >> qui étymologiquement veut dire dans le ventre de Dan, expression transformée plus tard en Dahomey, nom colonial de l’actuel Bénin.
Après de longues guerres et conquêtes au fils des années, le royaume du Danxome très structuré, acquiert une certaine notoriété, étend son influence sur ses voisins, contrôle les côtes et impose des impôts, et tribus aux autres royaumes et clans passés sous sa tutelle.
A l’arrivée des européens au 17e siècle, les échanges commerciaux commencent entre le puissant royaume du Danxome et les portugais. Les portugais qui furent les premiers à fouler les côtes de Ouidah au 15e siècle y construiront en 1721 le premier fort San Juao de Batista. Ensuite s’en suivront les Français, les Anglais, les Danois, et les Hollandais.
Le commerce triangulaire devint très vite florissant. Les esclaves capturés par les royaumes du Danxome et ses voisins étaient vendus ou échangés contre des marchandises (miroir, étoffe, alcool…et autres pacotilles)
C’est ainsi donc qu’à cette époque le tout-puissant roi du Danxome a le monopole de la traite négrière et commerce avec les français, établis à Ouidah, et les portugais réinstallés eux à Porto-novo (ville baptisée ainsi, pour sa très forte ressemblance avec la ville portugaise de Porto). La traite prit de l’ampleur avec Chacha Francisco Félix De-souza ancêtre de la célèbre famille négrière afro-brésilienne De-souza de Ouidah, et intermédiaire du roi du Danxome auprès des négriers. Ce commerce ignoble et honteux durera plus de cinq siècles. On estime à plus de quinze millions le nombre de personnes déportées en Amérique et qui furent astreintes à travailler dans les plantations de canne.
( Un guerrier danxoméen)
La colonisation
( Un guerrier danxoméen)
La colonisationAprès l’abolition de l’esclavage, en 1848, la France, alors puissance coloniale en 1851 montante commence ses manœuvres pour s’implanter définitivement.
Profitant de la naïveté du roi Glélé qui accepte signer des accords commerciaux, les français en profitent pour installer à Cotonou, une garnison, ils instaurent des droits de douane, contrôlent tout le commerce. En 1885 à Berlin lors de la balkanisation de l’Afrique la France, l’Allemagne et la Grande-bretagne se partagent les côtes du golfe de Guinée.
Jusque là les relations entre la France et le royaume vont pour le mieux, le roi Glélé est très malade, quand le docteur Jean Bayol représentant de la France vient à Abomey pour obtenir des garantis à propos de Cotonou et Porto-novo et faire cesser les sacrifices humains. Glélé est mourant, le trône est vacant le prince Béhanzin assure alors la régence. Béhanzin qui remplace le roi reçoit mal Bayol et refuse de lui accorder ce qu’il demande. Bayol furieux et mécontent retourne à Cotonou, préparer la guerre au Danxome.
Quelques jours plus tard le roi Glélé meurt en 1889. Son fils Béhanzin se fait introniser, le nouveau roi est énergétique fort et se considère comme un très grand roi que les blancs doivent respecter. Béhanzin digère mal la présence gratuite des français sur les côtes. Béhanzin accepte d’accorder à la France, le droit de faire du commerce à condition de lui payer 20.000 francs par an. Mais il refuse de leur céder Ouidah. Le gouvernement français n’est pas satisfait. Si Béhanzin continue d’acheter des fusils et d’entraîner ses guerriers, la France, elle de son côté, se prépare à reprendre la guerre et construit un wharf (une grande jetée portuaire) pour débarquer des soldats dans les régions d’Abomey. Suite après ce paragraphe... (Une amazone danxoméenne)

* Aspects culturels: (Le sang, les morts et les puissance de l'au-delà était utilisé lors des cérémonies et grandes festivités royales.
Le culte des morts était soumis à la hiérarchie: si le mort était pauvre, on le jetait dans la brousse en pâture aux fauves; s'il était riche, on lui rendait de grands honneurs et hommages; sa fosse était creusée sous son lit mortuaire et, dans un passé reculé, on égorgeait un enfant sur sa tombe pour apaiser Liba, le gardien des morts. Les obsèques des rois étaient accompagnées de massacres. On immolait sur leur tombe des hommes et des femmes destinés à leur servir de serviteurs et d'épouses dans l'autre monde. D'ailleurs, les Dahoméens ne craignaient pas la mort; ils croyaient si complètement à l'immortalité de l'âme qu'ils considéraient la mort comme le passage à une vie plus réelle et éternelle. Pour s'entretenir avec ses ancêtres, le roi tuait jadis de ses mains un homme dont famille était très honorée de voir choisir comme ambassadeur du roi. A intervalles réguliers des rituels de moindre ampleur comportaient également de tels sacrifices. Le but étant en quelque sorte de renouveler le "personnel" des anciens souverains. Les gens immolés sur les tombeaux étaient munis d'une bouteille de tafia et de cauris pour s'assurer les frais du voyage.
Au Dahomey, les femmes étaient libres de pratiquer les métiers des hommes, elles prenaient part au gouvernement et étaient associées à l'armée. Cependant, une fois mariées elles
devenaient la propriété du mari qui les achetait.)
Suite:La guerre éclate entre le Danxome et la France. La politique du diviser pour mieux régner paye, ainsi le roi de Porto-novo soutient les colons et la France lui garantit le protectorat. L’armée française forte de 3000 mille hommes expérimentés est commandés par le brillant colonel Dodds, un métisse sénégalais. Malgré une résistance acharnée du roi Béhanzin et de
ses braves amazones les Français arrivent aux portes d’Abomey. Béhanzin ne veut pas que le précieux palais où reposent ses ancêtres tombe aux mains des Français.
Portrait du roi Béhanzin
Il fait enlever les trésors et incendie le palais d’Abomey. Il va trouver cachette dans les grottes souterraines d’Agongouinto avant de fuir dans la brousse au-delà du Zou, et va se réfugier à Atchérigbé, dans les régions de Dassa-zoumé avec quelques compagnons fidèles continuer la lutte. Le général Dodds entre à Abomey où il fait hisser le drapeau français. Il reconnaît le courage de Béhanzin, cependant il lui arrache le trône et place le royaume d’Abomey sous protectorat français.Plusieurs mois durant les Français, poursuivent Béhanzin sans pouvoir l’arrêter. Ils arrêtent ses parents et proches pour l’obliger à se livrer. Pour mettre fin aux souffrances de son peuple, Béhanzin va de lui-même se rendre au général Dodds. On le conduit en Martinique, puis à Blidah en Algérie où il meurt en 1906.
Pendant les années suivantes, la conquête de l’actuel nord va se poursuivre sous les commandements du gouverneur Victor Ballot. Les français se confrontent à de nombreux soulèvements et rébellions de hauts dignitaires bariba notamment celle de Bio Guèra dans le Borgou, et celle des Bètamaribè de l’Atakora dirigé à leur tête par Kaba. Les troupes françaises remportent non, sans difficultés, mais parviennent à écraser toutes les rébellions jusqu’à la dernière entraînant ainsi la chute du royaumes Batombu de Nikki et de Kouandé.
Le 22 Juin1894, Français, Anglais et Allemands s’entendent pour déterminer les frontières du Togo, du Dahomey et du Nigeria. Ainsi donc le Dahomey devient, colonie du Dahomey et dépendance.
Le Bénin : Des indépendances à la Démocratie
Après 1946, avec la montée en puissance des mouvements nationalistes et patriotiques notamment l’intelligentsia, l’influence des gouverneurs commence à diminuer. Les Dahoméens participent de plus en plus à la direction du pays grâce à l’action du général de Gaulle qui, à la conférence de Brazzaville, a promis des changements intéressants dans l’administration des colonies.
Le 1er Août 1960, l’indépendance du Dahomey est proclamée. Jour mémorable, le pays devient république du Dahomey. Le 30 Novembre 1975 le Dahomey, change de nom et devient République Populaire du Bénin sous le régime socialiste du président Mathieu KEREKOU. En 1990 après la conférence des forces vives de la nation, il est battu par le Président Nicéphore SOGLO, qui serra à son battu en 1996 par KEREKOU l'ancien homme fort du pays, qui gagnera successivement les deux élections suivantes. Ne pouvant briguer un autre mandat du fait de son âge limité par la constitution du pays il laisse le pouvoir à la place de 26 candidats au présidentiel du5 mars 2006. Yayi Boni remporte les élections et devient alors le nouveau président de la république, déclaré pourtant outsider face à Adrien Houngbédi. Plus de deux ans après l'élection du président Boni Yayi les résultats de son gouvernement évolus en dent de scie. En 2011 au prochaine présidentiel, il devra convaincre les béninois de lui laisser une seconde chance.

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